Déduction première

Ce que tes rêves uniquement te laissent vivre, quand tu dors et que sommeille en même temps le sérieux que tu donne à ton point de vue, c’est l’acceptation de n’importe quelle situation ou loufoquerie ou fantasme ou peur, que tu n’aurais pas pu supporter de jour, conditionné comme tu es, à repousser certaines choses et en désirer d’autres et à croire que c’est vrai, juste et pour toujours.

Jusqu’au temps prochain où tu changes d’avis, désire d’autres choses et en repousse de nouvelles.

Tu pouvais en tirer leçon.
Au lieu de cela, tu offres un nouveau sérieux à ton nouveau point de vue, que tu crois encore vrai, juste et pour toujours ! Tu répéteras l’erreur une centaine de fois sans t’en rendre compte, berné par la variété des formes que peut prendre ton illusion, et par l’éloquence et le tordu convaincant de ta pensée qui manipule le mot comme personne.

Un temps arrive tout de même où tu t’avoues l’imposture. Un à un, tes espoirs disparaissent.

Tu observes ta manie de recréer toujours une illusion neuve, qui te projette dans le futur et t’offre le feu courage de croire en ton projet. Mais rien n’est fait encore, tu n’aimes que ta pensée là…
Rien n’est fait tant que ce n’est pas fait, et tu peux y penser toute ta vie, mais alors tu as confondu le doigt avec ce qu’il désignait, et tu aimes le doigt et tu as oublié ce qu’il désignait.

Tu te souviens que parfois, tu as même jouis de ta pensée, et tu donnerais tout pour ce frisson d’extase parce que tu crois que tu ne peux rien avoir de plus.

Tu as fini par aimer les illusions parce que tu es fou et que tu as peur du vide.

Tu crois que si tu lâche, tu tombes. Or tu devrais voler.

Et quand est venue ta compréhension de ce processus, il te faut encore un temps que tu passes à rester orgueilleux… parce que, tu aurais fais tout ça pour rien ? Souffert autant ?
Tu décide de ne pas apprendre tout de suite ta leçon, tu continues encore un peu à souffrir des souvenirs de tes souffrances. Tu en as pris l’habitude.

Maintenant, il se passe une chose nouvelle en toi, tu veux apprendre ta leçon, mais ta pensées interfère toujours. Elle a peur de prendre le soleil en plein visage.
Elle veut prévoir, quadriller son passage, contrôler le coup d’amour infini et éternel qu’elle va prendre dans la face. Elle a tant aimé le malheur. Elle avalerait le bonheur de travers.
Il est si simple.

Ta bouche est devenue si rude au contact, elle est pincée d’angoisse et de travail à tenter de résoudre les problèmes. Ils paraissaient complexes. Ils étaient simplement faux.
Ta pensée les a créés puis les a rejetés au dehors de toi pour s’en faire victime et se mettre en colère contre. Et elle s’épuise à se mentir. Si tu peux te dés-identifier d’elle, tu te feras du bien.

A la fin, il n’y a même plus l’orgueil, il y a l’habitude de l’orgueil dont il faut se défaire.

Les gens autour

LES GENS AUTOUR

Les gens autour sont importants

Ils ont des trucs à t’raconter

Les gens autour sont importants

Ils vivent tout ce que tu ne vis pas

Ils ont tout ce que tu n’as pas

Les gens autour sont importants

Ils ont des trucs à t’raconter

Les gens autour sont importants

Ils touchent tout ce que tu ne touches pas

Ils voient tout ce que tu ne vois pas

Ils sont tout ce que tu n’es pas

Les gens autour, les déjantés, les femmes seules, les femmes mariées

Les vieux pervers et les allumés, les enfants et leurs jeux d’enfoirés

Je me demande où me situuuuuje parmi ?

Le monde et les humains qui peuvent tout avaler, puisqu’il parlent et se séparent de la chose nommée

Et ils n’aiment plus rien, les handicapés d’l’amour

Je me demande ce qu’on peut faire de ces grands cons qui disent toujours non

Et ils n’aiment plus rien, les handicapés d’l’amour

C’est l’histoire du gars qui cherche un trésor

Alors, c’est l’histoire d’un gars qui cherche un trésor. Il décide de parcourir le monde, une pelle sous le bras. Très vite, il trouve une croix dessinée au sol. Et il se met à creuser, pensant qu’il a trouvé le trésor ! Mais au bout d’un moment, il en a assez de creuser, alors il s’arrête et lève la tête. Et là, juste devant lui, un peu plus loin, il voit une autre croix.

Il court vers elle et se remet à creuser en pensant que cette fois, c’est la bonne.
Mais de nouveau, au bout d’un moment il en a marre de creuser, c’est trop difficile. Il s’arrête et détourne la tête de son travail. Et là, il voit qu’encore un peu plus loin, devant lui, il y a une troisième croix !

Et il court vers elle et il se dit, que cette fois, vraiment, c’est la bonne !
Et il se remet à creuser. Et par habitude sans doute, au bout d’un moment, il en a marre, encore une fois. Et le narrateur sait que, là où il s’arrête toujours, c’est là où il rencontre un morceau de terre plus coriace.

De colère, l’homme jette sa pelle. Il s’arrête, tout s’arrête.

Il décide de monter en haut d’un grand arbre. Et de là, il peut voir en bas, l’immense étendue, et il découvre avec effroi  que cette vaste terre est recouverte entièrement de croix, il y en a des milliards.

Il doit trouver la vraie croix, parmi toutes les autres, il doit trouver celle qui abrite le trésor. Et il n’a pas le temps de les essayer toutes, il mourrait avant.
La seule solution est la voie intellectuelle, il doit réfléchir, et par de savants calculs, il est sûr qu’il finira par trouver cette putin de croix qui cache ce putin de trésor.

Mais le narrateur sait, lui, qu’il n’y a pas de réponse à cette question, que personne ne sait dire à l’avance si le bonheur se cache là où on va mettre ses efforts.

Et en fait, l’homme le sait aussi, mais ne veut pas se l’avouer parce que s’il ne trouve pas de solution dans ce sens, il est perdu.
Et cet homme, en haut de son arbre, ne veut pas s’affaiblir en vain. Il n’essayera pas toutes les croix, il sait bien qu’il n’a pas le temps.
Il finira par devenir fou.

Et le narrateur aurait pu lui dire à cet homme, que sous chaque croix, il y avait un trésor.

Une Montagne

Mon impatience s’effondre, lourde de bêtise, fragile comme le vide.
Une montagne s’élève, coulante comme une femme monstrueuse qui bouffe la terre ; prend sa vie, l’enfante et la recrache. Le sol est couvert de son ombre odorante et ne peut pas s’émanciper d’un tel être.
C’est un dinosaure, une tortue de terre géante, faisant grincer son poids sur le sol. 
Elle dicte la prophétie, elle explique et oblige à croire qu’elle seule est Homme, qu’elle est vieille et sage et créatrice.
C’est la seule qui donne naissance, féconde la vie et la jette en dehors comme une crasse qui grandira mal sous ses ombrages.

Le ciel est plus grand qu’elle, mais il l’enveloppe dans son cercle. Quelques nuages grotesques ne peuvent pas couvrir tous les arbres de ses hautes forêts.
Le créateur est plus petit que celle qu’il a créé.

Le créateur n’a créé qu’une seule fois et la femme prolonge son travail, péniblement et fièrement et avec de plus en plus de force.
S’il y a un manque originel et incurable, mis à part cette excuse, la femme est plénitude.

La femme est une montagne, une plaine, une grande étendue, immense et belle, chargée de vie et de mort et d’expérience.

SAC ADO

Voici le film que j’ai réalisé en fin de première année à l’Inraci.

On nous demandait d’adapter un extrait de film.
Celui-ci est une adaptation d’un extrait de Blow-Up, de Michelangelo Antonioni.